Les rats à Paris : la carte, les chiffres et les saisons
1 063 signalements géolocalisés, déposés par les Parisiens en dix-huit mois, analysés arrondissement par arrondissement, rue par rue et mois par mois. Une étude indépendante fondée sur les données ouvertes de la Ville de Paris.
Une étude en douze parties
Ce baromètre rassemble ce que l’on sait des rats à Paris : les signalements des habitants, la biologie de l’animal, les moyens de la Ville, les risques sanitaires et les limites des raticides. Chaque chiffre est sourcé.
- L’essentiel en huit chiffres
- La carte des signalements
- Le classement des 20 arrondissements
- Dix-huit mois en accéléré
- Le calendrier du rat
- Qui monte, qui baisse
- Quartiers, rues, adresses
- Rats et dépôts sauvages
- Portrait du surmulot
- Le Paris souterrain
- Santé et raticides
- Méthode, sources, réutilisation
Huit chiffres à retenir
- 1 063 signalements de rats ont été déposés dans l’application Dans Ma Rue entre le 1er janvier 2025 et le 8 juillet 2026, soit une soixantaine par mois. Plus de 99 % émanent d’habitants, depuis un smartphone ou le site de la Ville.
- Le 15e, le 12e et le 11e arrondissement en concentrent 403 à eux trois, près de quatre sur dix à l’échelle de la capitale.
- Le 1er arrondissement est le plus touché en intensité : rapportés à l’ensemble des signalements qu’il produit, les rats y pèsent 2,3 fois plus que la moyenne parisienne. Le 12e suit avec un indice de 202.
- Octobre est le mois des rats : 87 signalements en octobre 2025, 45 % au-dessus de la moyenne mensuelle de l’année. Le creux se situe en décembre et janvier.
- Le pic de fin d’été et d’automne résiste à la correction : même rapporté au volume total de l’application, août et octobre 2025 restent les deux mois les plus élevés de la série.
- Le 12e est l’arrondissement qui progresse le plus : 54 signalements entre janvier et début juillet 2026, contre 33 sur la même période de 2025.
- Les rats reviennent aux mêmes endroits : 36 adresses ayant fait l’objet d’au moins trois signalements regroupent 17 % du total. La rue Lacharrière, dans le 11e, en cumule 33 à elle seule.
- Aucun lien statistique net n’apparaît entre les signalements de rats et ceux de dépôts sauvages : les arrondissements les plus encombrés ne sont pas ceux où l’on voit le plus de rongeurs.
Où les Parisiens voient-ils des rats ?
Chaque signalement Dans Ma Rue est géolocalisé. En les reportant sur un fond de carte, on obtient une image inédite de la présence des rongeurs en surface. Trois lectures sont proposées : l’intensité (la part des rats dans tous les signalements de l’arrondissement), le volume brut et les 1 063 points eux-mêmes. Cliquez sur un arrondissement pour afficher sa fiche.
Carte reconstituée à partir des coordonnées de plus d’un million de signalements Dans Ma Rue : les contours sont approximatifs et les bois de Boulogne et de Vincennes ne sont représentés qu’en partie.
Les 20 arrondissements, du plus touché au moins touché
Le volume additionne les signalements bruts. Il avantage mécaniquement les arrondissements les plus peuplés et les plus étendus. L’intensité divise les signalements de rats par l’ensemble des signalements Dans Ma Rue de l’arrondissement (encombrants, propreté, voirie, éclairage…). Cette correction neutralise les écarts d’usage de l’application : certains arrondissements produisent six fois plus de signalements que d’autres. La Ville elle-même rappelle que ses statistiques Dans Ma Rue « doivent être rapportées à la surface et à la population de chaque arrondissement ».[10] L’indice vaut 100 pour la moyenne parisienne.
En doré : les trois premiers par intensité. Les 1er à 4e arrondissements forment depuis 2020 le secteur « Paris Centre », mais Dans Ma Rue les distingue toujours.
Afficher le tableau complet
| Rang | Arrondissement | Indice | Signalements | Part de Paris | Janv.–juil. 2025 | Janv.–juil. 2026 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Paris 1er | 234 | 41 | 3,9 % | 18 | 13 |
| 2 | Paris 12e | 202 | 130 | 12,2 % | 33 | 54 |
| 3 | Paris 15e | 168 | 147 | 13,8 % | 41 | 41 |
| 4 | Paris 6e | 165 | 26 | 2,4 % | 9 | 12 |
| 5 | Paris 11e | 155 | 126 | 11,9 % | 36 | 34 |
| 6 | Paris 3e | 127 | 48 | 4,5 % | 31 | 6 |
| 7 | Paris 4e | 119 | 39 | 3,7 % | 22 | 6 |
| 8 | Paris 5e | 115 | 27 | 2,5 % | 4 | 13 |
| 9 | Paris 14e | 112 | 52 | 4,9 % | 19 | 13 |
| 10 | Paris 13e | 97 | 56 | 5,3 % | 20 | 16 |
| 11 | Paris 7e | 96 | 16 | 1,5 % | 2 | 8 |
| 12 | Paris 17e | 79 | 71 | 6,7 % | 23 | 22 |
| 13 | Paris 18e | 73 | 70 | 6,6 % | 33 | 18 |
| 14 | Paris 20e | 66 | 62 | 5,8 % | 14 | 23 |
| 15 | Paris 9e | 62 | 27 | 2,5 % | 14 | 8 |
| 16 | Paris 19e | 61 | 50 | 4,7 % | 13 | 20 |
| 17 | Paris 2e | 55 | 10 | 0,9 % | 2 | 5 |
| 18 | Paris 8e | 52 | 14 | 1,3 % | 3 | 6 |
| 19 | Paris 16e | 40 | 22 | 2,1 % | 8 | 5 |
| 20 | Paris 10e | 38 | 29 | 2,7 % | 6 | 19 |
Le centre et l’Est en tête
Le 1er arrondissement, avec les Halles et le secteur Beaubourg–Montorgueil, combine une densité exceptionnelle de restaurants (un enjeu que nous détaillons dans notre page sur la dératisation des restaurants à Paris), des flux piétons parmi les plus importants de la capitale et un sous-sol creusé de galeries, de parkings et de réseaux. Le 12e et le 11e alignent de longues artères commerçantes, avec boulangeries et supermarchés en pied d’immeuble, le marché d’Aligre et la promenade plantée qui suit l’avenue Daumesnil : autant de sources de nourriture et de refuges végétalisés.
Le 15e arrive premier en volume mais troisième en intensité. C’est l’arrondissement le plus peuplé de Paris : il produit beaucoup de signalements de toute nature, et les rats y tiennent une place réelle sans être exceptionnelle.
Le 10e, un cas d’école
Avec un indice de 38, le 10e ferme le classement, juste derrière le 16e (40). La surprise n’est qu’apparente. Le 10e produit un volume considérable de signalements Dans Ma Rue, plus de 75 000 sur la période, davantage que le 12e. Noyés dans ce volume, les rats ne représentent qu’une part modeste des alertes. Le 10e est d’ailleurs l’un des arrondissements où les signalements de rats augmentent le plus en 2026 (voir la partie 6).
Dix-huit mois de signalements, mois par mois
Lancez l’animation ou déplacez le curseur. Les points dorés sont les signalements du mois affiché, les points gris ceux des mois précédents. On voit les foyers s’allumer, persister ou s’éteindre, et l’automne 2025 s’imposer comme la période la plus dense.
Le calendrier du rat parisien
La courbe mensuelle dessine un cycle très lisible. Les signalements touchent leur plancher en décembre et janvier, remontent dès le mois de mars, se maintiennent au printemps, grimpent en août et septembre puis culminent en octobre, avant de s’effondrer en quelques semaines.
Trimestre par trimestre
| Trimestre | 2025 | 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Janv. – mars | 177 | 126 | −29 % |
| Avr. – juin | 159 | 191 | +20 % |
| Juil. – sept. | 210 | — | — |
| Oct. – déc. | 175 | — | — |
Après un hiver 2026 nettement plus calme, le printemps 2026 dépasse celui de 2025.
Pourquoi l’automne ?
Plusieurs mécanismes se conjuguent. Les jeunes nés au printemps et en été, issus de femelles qui enchaînent trois à cinq portées par an,[2] deviennent autonomes et cherchent leur propre territoire. Les égouts servent d’abri l’hiver et pendant les fortes chaleurs,[4] et les épisodes pluvieux font remonter les animaux. Enfin, les habitants rentrés de vacances réinvestissent les rues et les squares, et voient davantage.
Un détail qui en dit long : le samedi
Les signalements sont nettement moins nombreux le samedi (101 sur la période) que le mardi (177). Le rat ne prend pas de week-end : ce sont les habitants qui signalent moins. Ce biais rappelle que l’on mesure ici une perception, et non une population.
2026 face à 2025 : qui monte, qui baisse
Pour comparer à périmètre égal, nous avons mis en regard deux fenêtres strictement identiques : du 1er janvier au 8 juillet 2025 et du 1er janvier au 8 juillet 2026. À l’échelle de Paris, le total est quasi stable (351 puis 342 signalements, soit −3 %). Mais cette stabilité masque de forts mouvements locaux.
Écart en nombre de signalements entre les deux périodes. Sur des volumes faibles, quelques signalements suffisent à créer un écart visible : ces mouvements sont à lire comme des signaux, non comme des tendances établies.
Le 12e et l’Est en hausse
Le 12e passe de 33 à 54 signalements, la plus forte progression de Paris en valeur absolue. Les signalements de 2026 se concentrent le long de l’avenue Daumesnil (22) et de l’avenue Dorian (11), dans les quartiers Bel-Air Sud et Nation – Picpus. Le 10e (de 6 à 19), le 20e (de 14 à 23), le 5e (de 4 à 13) et le 19e (de 13 à 20) suivent le même mouvement.
Le Marais et le 18e en net recul
À l’inverse, le 3e chute de 31 à 6 signalements. Cette baisse coïncide avec l’extinction du foyer de la rue de la Perle : 21 signalements entre janvier et septembre 2025, deux seulement depuis le début de 2026. Le 4e (de 22 à 6) et le 18e (de 33 à 18) reculent également. Une intervention ciblée sur un point chaud suffit souvent à faire basculer les chiffres d’un arrondissement entier, ce qui montre l’intérêt d’agir tôt et au bon endroit.
Quartiers, rues, adresses : là où les rats reviennent
Les 1 063 signalements proviennent de 843 adresses distinctes. La plupart n’apparaissent qu’une fois. Mais 36 adresses ont été signalées au moins trois fois, et elles concentrent à elles seules 17 % du total. Ce phénomène de récurrence est la signature d’un foyer installé : un terrier, un local à déchets accessible, une fissure dans un réseau. Face à ce type de foyer, une intervention ponctuelle suffit rarement : c’est tout l’intérêt d’un suivi annuel négocié avec le syndic.
Les dix conseils de quartier les plus signalés
| # | Conseil de quartier | Secteur | Signalements |
|---|---|---|---|
| 1 | Léon Blum – Folie-Regnault | 11e | 61 |
| 2 | Halles – Beaubourg – Montorgueil | Centre (1er) | 47 |
| 3 | Aligre – Gare de Lyon | 12e | 39 |
| 4 | Nation – Alexandre Dumas | 11e | 39 |
| 5 | Marais – Place des Vosges | Centre (3e) | 35 |
| 6 | Seine | Centre (4e) | 31 |
| 7 | Georges Brassens | 15e | 27 |
| 8 | Cambronne – Garibaldi | 15e | 26 |
| 9 | Nation – Picpus | 12e | 25 |
| 10 | Bel-Air Sud | 12e | 23 |
Ces dix quartiers réunissent un tiers des signalements de la capitale. Cinq se trouvent dans le 11e et le 12e arrondissement, trois dans le secteur Paris Centre et deux dans le 15e.
Quatre rues sous surveillance
33 signalements depuis 10 adresses, sur 8 mois différents entre juillet 2025 et juillet 2026. La rue la plus signalée de Paris.
25 signalements depuis 7 adresses, présents sur 11 mois. Très actif de janvier à septembre 2025, presque silencieux depuis.
24 signalements répartis sur 16 adresses : une présence diffuse tout au long de l’axe, plutôt qu’un foyer unique.
17 signalements depuis 8 adresses, sur 11 mois distincts entre juillet 2025 et juin 2026.
Par respect pour les riverains, nous ne publions pas les numéros d’immeubles. Les signalements Dans Ma Rue concernent la voie publique, pas les bâtiments eux-mêmes.
Plus de dépôts sauvages, plus de rats ? Pas si simple
L’intuition est solide : les sacs-poubelles posés au pied des corbeilles et les encombrants abandonnés offrent nourriture et cachettes. La Ville de Paris demande d’ailleurs de « ne pas jeter de sacs-poubelles dans la rue, même près des corbeilles, car ils seront éventrés par les rats ».[2] Nous avons donc confronté, arrondissement par arrondissement, l’indice d’intensité des rats à la part des « objets abandonnés » dans les signalements.
Le résultat surprend : le coefficient de corrélation est de −0,16, autrement dit aucun lien. Dans le 16e et le 19e, les objets abandonnés représentent plus de la moitié des signalements, et pourtant leurs indices de rats sont parmi les plus bas (40 et 61). À l’inverse, le 1er et le 3e, parmi les moins concernés par les encombrants, figurent dans le haut du classement. Le 15e est la seule exception notable, élevé sur les deux axes.
Cela ne signifie pas que les déchets sont sans effet. Cela signifie que, à l’échelle d’un arrondissement, d’autres facteurs dominent : la densité de commerces de bouche, la présence de jardins et de talus, l’état des réseaux souterrains, et surtout l’existence de foyers installés qui produisent des signalements pendant des mois. La propreté est une condition nécessaire, pas suffisante.
Portrait du surmulot, le rat de Paris
Le rat que l’on croise à Paris est presque toujours le surmulot, ou rat brun (Rattus norvegicus), aussi appelé rat d’égout. Il est plus massif que le rat noir, qui préfère les greniers et les étages, et n’a rien à voir avec la souris grise qui envahit les appartements (voir notre guide du traitement des souris à Paris). Voici sa fiche d’identité, établie d’après les données publiées par la Ville de Paris et par Bruxelles Environnement.
Une machine à se reproduire
Ces quelques chiffres expliquent la difficulté de la lutte. Une femelle mature à deux mois, capable de trois à cinq portées d’une dizaine de petits, peut théoriquement donner naissance à plusieurs dizaines de jeunes par an ; certaines collectivités retiennent l’ordre de grandeur de cinquante.[9] Dans la réalité, la mortalité est forte et la population se stabilise en fonction de la nourriture disponible. C’est précisément pour cela qu’un traitement qui ne supprime pas l’accès à la nourriture est voué à l’échec : les places libérées sont reprises en quelques semaines.
Combien sont-ils ?
Personne ne le sait. Le chiffre de 3 à 6 millions de rats à Paris, soit un à deux par habitant, circule largement. La Ville de Paris le qualifie elle-même de « fantaisiste », faute de comptage réel.[2] C’est l’une des raisons d’être de ce baromètre : à défaut de recenser les animaux, on peut suivre de manière rigoureuse ce que les habitants observent.
Le Paris souterrain, territoire du rat
Ce que les habitants signalent n’est que la partie émergée. Sous la chaussée court un réseau d’égouts long de 2 600 kilomètres de galeries et de collecteurs.[3] S’y ajoutent les caves, les parkings, les vides sanitaires et les gaines techniques des immeubles. Le rat circule entre ces niveaux et ne remonte en surface que pour se nourrir.
- Canalisation fissurée : depuis l’égout, le rat remonte par un branchement endommagé jusqu’à la cave.
- Cave vers local poubelles : gaines, trémies et portes mal ajustées le mènent à la nourriture.
- Soupirail sans grille : la cave communique directement avec la rue ou la cour.
- Regard et bouche d’égout : un tampon mal scellé ouvre l’accès à la chaussée.
- Sacs et pieds d’arbres : en surface, le rat trouve nourriture et terre meuble pour creuser.
Schéma de principe, non à l’échelle.
Les points de passage entre le sous-sol et la surface sont toujours les mêmes : bouches d’égout et regards mal scellés, pieds d’arbres et massifs, soupiraux sans grille, locaux à déchets de plain-pied, canalisations fissurées. C’est là que se jouent la plupart des infestations d’immeubles, bien plus que dans la rue elle-même, notamment dans les parkings et sous-sols de copropriété.
Ce que fait la Ville
Le plan de lutte adopté en 2017 est régulièrement actualisé. Le service municipal compétent réalise plus de 7 000 interventions par an sur l’espace public. Dans les jardins, la Ville a installé des abris pour conteneurs sur 250 sites (1 200 unités), des bacs roulants sur 221 sites et 310 corbeilles fermées de type Cybel. Les grilles des avaloirs ont été modifiées et certaines zones de terre sont désormais doublées d’un grillage enfoui sous 15 cm de terre pour empêcher le creusement des terriers. Les appâts sont placés dans des boîtes sécurisées, et des actions ciblées sont menées dans les égouts. En 2020, 438 verbalisations ont sanctionné des jets de nourriture dans les rues et les espaces verts.[2]
Mais l’action municipale s’arrête à la porte des immeubles. Les cours, les caves, les locaux poubelles et les commerces relèvent des propriétaires, des syndics, des bailleurs sociaux et des exploitants.
Un enjeu sanitaire, et des poisons qui s’usent
La leptospirose, première préoccupation
La leptospirose est une infection bactérienne transmise par l’urine d’animaux infectés, au premier rang desquels les rongeurs, le plus souvent au contact d’eau ou de sols contaminés. Elle est devenue une maladie à déclaration obligatoire le 17 août 2023. En 2024, Santé publique France a recensé 886 cas, dont 441 en métropole et en Corse (0,67 cas pour 100 000 habitants). 74 % des patients ont été hospitalisés et 13 sont décédés. Les cas augmentent à partir de mai et culminent l’été.[5]
En juillet 2022, l’Académie nationale de médecine avait vivement réagi à un plaidoyer pour une cohabitation avec les rats exprimé au Conseil de Paris, en rappelant que leur surpopulation est « surtout un danger pour la santé humaine ».[7][8]
Les rats parisiens résistent aux anticoagulants
Les raticides utilisés en ville sont des anticoagulants. Or une mutation génétique, appelée Y139F, rend les rats qui la portent fortement résistants aux molécules de première génération et moins sensibles à certaines molécules de seconde génération, la bromadiolone en tête. Selon les travaux de Virginie Lattard (INRAE, VetAgro Sup), la fréquence de cette mutation chez les surmulots français est passée de 21 % dans une enquête de 2010 à plus de 60 % dans les échantillons de 2014-2015. À Paris, des résultats préliminaires la situent autour de 40 %, avec de fortes variations d’un site à l’autre, et même d’un arrondissement à l’autre.[6]
Depuis 2013, la réglementation européenne impose de placer les raticides dans des boîtes d’appâtage sécurisées, et l’appâtage permanent est interdit aux professionnels en France. Depuis 2018, les produits les plus concentrés ne peuvent plus être vendus aux particuliers.[6] Conséquence pratique : un appât acheté en grande surface et posé au hasard a de fortes chances d’être inefficace, et risque de favoriser la survie des rats les plus résistants. Il existe aussi des approches qui limitent le recours aux poisons, présentées dans notre page sur la dératisation écologique.
« Sur le terrain, on le voit tous les jours : le poison seul ne règle rien. Ce qui marche, c’est d’abord trouver par où le rat entre et ce qu’il mange, puis fermer et assainir, et seulement ensuite traiter avec la bonne molécule. Le pic d’octobre correspond exactement au moment où nos appels pour des caves et des cuisines augmentent. »Antoine Tisserant, fondateur d’Entreprise Anti Nuisibles Paris
Vous voyez un rat : qui doit agir ?
La réponse dépend de l’endroit, et la loi répartit clairement les rôles. Les règlements sanitaires départementaux imposent aux propriétaires et occupants de prendre toutes les mesures pour éviter l’introduction et la prolifération des rongeurs (article 119 dans la version type), et interdisent de nourrir les animaux errants sur la voie publique (article 120). Le détail par type de local figure dans notre page sur la réglementation de la dératisation.[9]
Dans la rue ou un square
Signalez-le dans Dans Ma Rue ou au 3975. Les services municipaux interviennent sur l’espace public, et votre signalement alimentera la prochaine édition de ce baromètre.
Dans les parties communes
Prévenez le syndic ou le bailleur par écrit, photo à l’appui. Un contrat de dératisation en copropriété coûte moins cher qu’une succession d’interventions d’urgence.
Chez vous ou dans votre commerce
Ne posez pas d’appât au hasard. Un professionnel certifié identifie l’espèce et les points d’entrée, ferme les accès puis choisit une molécule adaptée aux rats résistants. En cas d’animal vu en plein jour, il existe une intervention d’urgence.
Nos techniciens interviennent dans les 20 arrondissements de Paris et dans toute l’Île-de-France. Dératisation à Paris : méthodes, délais et prix · combien coûte une dératisation à Paris · bien choisir son dératiseur.
Appeler le 01 84 80 64 13Méthodologie et limites
- Source : jeu de données « Dans Ma Rue – Anomalies signalées », publié en open data par la Ville de Paris.[1] L’extraction utilisée compte 1 048 575 signalements, toutes catégories confondues.
- Période : dix-huit mois et une semaine, clos le 8 juillet 2026, dernière date disponible au moment de l’analyse. La Ville publie ses données avec environ trois mois de décalage.
- Sélection : sous-types « Présence de rats » (1 052) et « Rats sortant des égouts » (11). Les 74 signalements « Présence de souris » sont écartés.
- Indice d’intensité : part des rats dans l’ensemble des signalements de l’arrondissement, divisée par la même part calculée sur tout Paris, multipliée par 100.
- Carte : contours d’arrondissements reconstitués à partir des coordonnées de l’ensemble des signalements, sur une grille d’environ 110 mètres. Ils sont indicatifs.
- Évolution : même fenêtre calendaire d’une année sur l’autre, de début janvier à début juillet.
- Rues et adresses : regroupement par nom de voie et par adresse exacte telles que saisies dans l’application. Les numéros d’immeubles ne sont pas publiés.
- Corrélation : coefficient de Pearson calculé sur les 20 arrondissements entre l’indice rats et la part des objets abandonnés.
- Limites : données déclaratives, limitées à l’espace public, dépendantes de l’usage de l’application et susceptibles de compter plusieurs fois un même foyer. Ce baromètre mesure une perception, pas une population.
Reprendre ces chiffres
Journalistes, syndics, élus, chercheurs : les données de ce baromètre sont librement réutilisables. Merci de citer la source avec un lien vers cette page.
Télécharger les données
Contact presse
Interview, commentaire sur un arrondissement, extraction sur mesure : Antoine Tisserant, 01 84 80 64 13. Prochaine édition en janvier 2027, avec les données de l’été 2026.
Vos questions sur les rats à Paris
Quel est l'arrondissement de Paris où il y a le plus de rats ?
Cela dépend de la façon de compter. En nombre brut de signalements, le 15e arrive en tête devant le 12e et le 11e. Si l'on neutralise les écarts d'utilisation de l'application, c'est le 1er qui ressort, suivi du 12e. Aucune source ne permet en revanche de dénombrer les animaux eux-mêmes, arrondissement par arrondissement.
Pourquoi voit-on beaucoup moins de rats en hiver ?
Par temps froid, le surmulot reste dans les réseaux et les bâtiments, où la température est stable, et limite ses sorties. La végétation qui le cache disparaît, mais les promeneurs sont aussi moins nombreux dans les squares. Moins de sorties d'un côté, moins d'observateurs de l'autre : les signalements chutent mécaniquement.
Un rat vu dans la rue veut-il dire qu'il y en a dans mon immeuble ?
Pas forcément. Le surmulot vit surtout dans les égouts, les squares et les talus. Il entre dans un bâtiment quand il trouve une ouverture et de quoi manger. Des crottes en forme de grain de riz allongé ou des emballages rongés à l'intérieur sont des indices bien plus sûrs qu'une silhouette aperçue sur le trottoir.
Rat ou souris : comment faire la différence chez soi ?
La taille des crottes est le meilleur indice : de l'ordre d'un à deux centimètres pour un rat, quelques millimètres pour une souris. La souris grise vit volontiers dans les appartements et les placards, à tous les étages ; le surmulot reste plutôt au niveau du sol, des caves et des cours. Les bruits de grattement la nuit dans les cloisons trahissent le plus souvent des souris.
Qui doit payer la dératisation d'un immeuble parisien ?
Les parties communes relèvent du syndic ou du bailleur (voir notre article qui paie la dératisation à Paris). Dans un logement loué, le locataire répond de l'entretien courant, mais une infestation venue des réseaux de l'immeuble remonte au propriétaire. En copropriété, un contrat annuel voté en assemblée générale reste la formule la plus économique sur la durée.
Ce baromètre sera-t-il mis à jour ?
Oui, chaque trimestre, dès que la Ville publie de nouvelles données. Les éditions successives permettront de comparer les saisons d'une année sur l'autre et de vérifier si les foyers repérés ici se résorbent ou s'installent.
Puis-je réutiliser ces chiffres dans un article ou un rapport ?
Oui, sans demande préalable ni frais. La seule condition est de mentionner la provenance et d'ajouter un lien vers cette page : la formule toute prête figure dans la rubrique dédiée à la presse. Pour un besoin plus fin, une rue ou une période précise, une extraction sur mesure est possible.
Sources citées
- Ville de Paris, « Dans Ma Rue – Anomalies signalées », open data, extraction couvrant janvier 2025 à juillet 2026.
- Ville de Paris, « Comment Paris lutte contre les rats », mise à jour du 28 février 2022.
- Musée des égouts de Paris, « The sewers, a space with history ».
- Bruxelles Environnement, « Le rat surmulot ou rat brun (Rattus norvegicus) », fiche biodiversité, juillet 2012.
- Santé publique France, « Leptospirose en France en 2024 : données de la déclaration obligatoire ».
- V. Lattard, « Rats et anticoagulants », Bulletin de l’Académie vétérinaire de France, 2023.
- Académie nationale de médecine, « Entre le bien-être du rat d’égout et la santé publique, faut-il choisir ? », 15 juillet 2022.
- Le Quotidien du pharmacien, « L’Académie de médecine réagit au sidérant plaidoyer pour le bien-être des rats », 18 juillet 2022.
- Ville d’Argenteuil, « Tous concernés dans la lutte contre les rats », brochure citant le règlement sanitaire départemental.
- Ville de Paris, rapport d’activité 2023, fiche « Dans Ma Rue ».
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